Article de SUD OUEST

Blog/News

corps du Blog et News

.
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
« Avec nos bateaux on a tous une histoire d'amour »
1 COMMENTAIRE
Publié le 09/07/2012 à 06h00 par Raphaëlle Gourin
 
Tous, chacun à leur manière, ont une histoire affective forte avec leur bateau de bois. (PHOTO DR)
 
Ingratitude du temps qui passe, on oublie peu à peu leurs années de bons et loyaux services, à braver la houle des mauvais comme des bons jours, à voguer fièrement vers les bancs poissonneux, à ramener à leur bord de quoi nourrir les familles du port.
Sans des passionnés comme ceux de l'association Egurrezkoa, qui réparent et font revivre patiemment les bateaux de pêche en bois, l'espèce, déjà en voie de disparition, continuerait de s'effacer jusqu'à n'être que souvenir.
Le tout plastique a déjà gagné. Il suffit de remonter la Nivelle depuis Larraldenia avec Beñat Josié à la barre de son Kasko Gori, pour les recenser à vue de nez. « Le petit là-bas, il est mal en point. Celui-là, ici il faut le surveiller. Et, le plus gros juste derrière, il va couler, si rien n'est fait », égraine-t-il avant d'accoster à Ciboure, à deux pas du chantier où les bénévoles de l'association marnent dur sous un soleil de plomb.
« Nous voulons sauvegarder ce patrimoine, ces bateaux qui font partie de l'histoire du port et plus globalement de la pêche au Pays basque. Nous voulons que plus aucun bateau en bois n'aille à la casse », sourit le président de l'association.
La vingtaine d'adhérents veut aujourd'hui faire mieux connaître les activités d'Egurrezkoa et inciter d'autres à les rejoindre (1). À racheter comme plusieurs l'ont fait des épaves « pour trois fois rien », et à œuvrer à les ressusciter avant qu'il ne soit trop tard. Vincent et Gus, Arantxa ou encore Beñat Kauffmann, dit « Kaukau », se sont lancés ce défi après un coup de foudre avec des rafiots dont ils ont su déceler le lustre de la jeunesse perdue.
Souvenirs de famille
« Avec nos bateaux on a tous une histoire d'amour », résume Arantxa en désignant fièrement Aski Zait (Assez pour moi), le sien, à sec, en pleine réhabilitation. Elle ne s'y connaissait guère en charpente de marine et en bateau, mais elle a flashé sur lui en 1984. Contre la promesse de pouvoir « l'utiliser quand ils le voudraient, des petits plats et des apéros, les copains de mon fils ont travaillé à le retaper à l'époque ».
Beñat a conservé, lui, plus qu'un bateau, plus que l'outil de travail familial : le souvenir de moments avec son père, son grand-père, une histoire qu'il partage et transmet aujourd'hui à sa fille. Kaukau essaie d'en savoir le plus possible sur l'histoire du sien, Izadia, « fabriqué en 1954 à Socoa, immatriculé en 1955 ».
Il passe tout son temps libre à travailler dessus. Gus et Vincent, eux, poursuivent le rêve « d'un copain disparu » qui voulait un bateau comme celui qu'ils sont en train de faire revivre. Ils l'ont rebaptisé Bizi Eder, en mémoire de l'ami décédé. « Il disait tout le temps ça. Ça veut dire "elle n'est pas belle la vie ?" en basque… »
Au-delà des dimensions affectives personnelles des uns et des autres, tous veulent partager. « La priorité c'était le travail sur nos bateaux, qui prend beaucoup de temps et ne nous lassait que peu de temps pour le reste ». Mais maintenant l'association compte « dix à quinze bateaux qui naviguent et cinq encours de rénovation ».
Après s'être faits discrets, les membres d'Egurrezkoa ont donc plus facilement le loisir de passer à la vitesse supérieure, de sortir de plus en plus les bateaux, de les faire naviguer, de participer avec aux cérémonies ou encore à des manifestations telles que les Fêtes de la mer pour sensibiliser à ce patrimoine qui mérite de continuer à vivre.
(1) Pour contacter l'association : www.egurrezkoa.com. Beñat Josié au 06 08 02 37 71.
Ciboure
 
 
Vos commentaires 1
Réagir
 
 

SUZANNE Jacques
15/07/2012, à 15h24 Alertez
Je suis content pour EGURREZKOA j'espère que l'impact de cet article feras mûrir l'association aux yeux des gens en leurs faisant prendre connaissance de l'ampleur de nos gros efforts pour le maintient de cette flottille si fragile et au robuste caractère de bois.Je voudrai souligner pour tous les navigants de la nivelle de modérer leur vitesse comme préconise le règlement pour la sécurité du passage des petites annexes et réduire les chocs entre bateaux résidents occasionner par les remous du sciage des embarcations passantes.Pour que le travail de restauration et d'entretien ne soit pas endommagé prématurément,Je remercie déjà les gens de mer qui appliquent cette tolérance ainsi que les nouveaux qui en prendrons conscience de ce respect mutuel.Pour que l'attention envers les bateaux de la vallée de la Nivelle soit réciproque,la liberté de chacun s'arrête ou l'interdit de l' autre commence.
Merci à tous les lecteurs